“Je me réjouis d’exercer le métier qui me tenais à cœur depuis mon enfance”- Blog - Esseyi
La parole aux alumni #1 Roger : “Je me réjouis d’exercer le métier qui me tenais à cœur depuis mon enfance”

La parole aux alumni #1 Roger : “Je me réjouis d’exercer le métier qui me tenais à cœur depuis mon enfance”

Le 4/12/2021

Les anciens élèves des universités et écoles d’enseignement supérieur ont aussi la parole sur Esseyi ! C’est bien connu : on apprend beaucoup de ses aînés. Découvrez le premier témoignage d’un alumni qui pourra vous inspirer !

Bonjour Roger, merci beaucoup de répondre aux questions d’Esseyi. 

Pour commencer, d’où viens-tu et quel âge as-tu ? 

Bonjour et merci pour l’opportunité vous me donnez de partager mon expérience et mes parcours d’étudiant. Mon nom est Roger Doum Kemtchang, je suis originaire d’Afrique centrale, précisément du Tchad. J’ai 31 ans.

Quel est ton métier aujourd’hui ?

Aujourd’hui, Je travaille à la banque Mondiale en qualité de IT (communément appelé en français informaticien).

Peux-tu nous détailler ton parcours d’étudiants : quelles études as-tu faites et où ? 

Après avoir obtenu mon baccalauréat en 2009, j’ai été admis à l’université Gamal Abdel Nasser de Conakry en Guinée ou j’ai entamé mon parcours universitaire et au bout de 4 ans j’ai obtenu ma maitrise en Génie électronique du département des Télécommunications.

Je suis retourné au pays pour exercer et après avoir acquis quelques années d’expériences notamment à l’Asecna et dans les instituts privés, j’ai voulu poursuivre mes études. Mes moyens étant limités, ils ne me permettaient pas de financer mon master ; j’ai cherché des bourses partout et j’ai obtenu une bourse de la Commission de l’union Africaine.

Une bourse très compétitive et ouverte chaque année pour les ressortissants des pays membres de l’Union Africaine. C’est qui m’a permis de faire mon Master en Télécommunications jusqu’en 2019 à l’Université pan Africaine qui est hébergée dans l’une des plus grandes universités du Kenya, Jomo Kenyatta University of Agriculture and Technology (JKUAT).

Pourquoi avoir choisi ce pays ?

J’avais choisi de commencer mes études à l’université Gamal Abdel Nasser de Conakry en Guinée pour deux raisons : La qualité et le coût de la formation.

L’université faisait intervenir des expatriés russes pour booster la qualité de la formation. Pour le cout, c’était abordable, c’est l’université la plus abordable de la sous-région avec une qualité acceptable de formation.

Comment t’es-tu orienté il y a quelques années vers cette voie ?

Dès mon bas âge j’étais déjà attiré par l’électronique. Je cherchais déjà à comprendre le mode de fonctionnement des certains appareils électroniques. Je dépiécais les appareils électroniques sans toutefois connaitre comment les rassembler. C’était une passion pour moi et je pouvais passer des heures à faire cela. Donc j’ai compris que c’était ma voie.

Alors, quand j’ai obtenu mon baccalauréat, mon papa m’a laissé le choix entre faire de la médecine ou de l’informatique. Pour moi il n’y avait pas de choix à faire car je savais déjà ce que je voulais et aujourd’hui je me réjouis d’exercer le métier qui me tenais à cœur depuis mon enfance.

Quels conseils donnerais-tu aux lycéens pour s’orienter vers la formation qui leur correspond ?

Ce que je conseillerais aux lycéens est qu’après leur baccalauréat, il ne faut pas choisir une formation au hasard ou juste parce que le nom de cette formation sonne bien ou que tu as vu quelqu’un réussir sa vie dans ce domaine. Ici en Afrique, nous n’avons pas des consignés d’orientation et ce qui fait que nous sommes souvent très mal orientés dans notre carrière.

Moi je demanderais aux jeunes lycéens et tous ceux qui prévoient entreprendre une étude/formation de faire ce pour quoi ils ressentent de la passion et aussi, si possible, d’avoir un mentor qui a de l’expérience dans la vie professionnelle et qui peut les coacher dans leur choix de carrière.

Découvrir sa passion est très important puisque de nos jours, beaucoup de jeunes sont mal orientés dans leur choix de carrière si bien qu’à la fin ils doivent se réorienter.

Enfin, il faut trouver quelqu’un qui peut te guider sur le choix de l’université en tenant compte du budget et de la qualité de la formation qu’offre cette université.

Faire un bon choix de carrière a une importance capitale.

Quels défis as-tu rencontré pour étudier à l’étranger ?

Évidemment les défis il y’en a toujours. Vous savez étant ressortissant d’un pays francophone on ne peut échapper à la barrière linguistique quand on prévoit d’étudier dans un pays anglophone. Je suis arrivé au Kenya avec une connaissance très limitée en anglais et le Kenya étant un pays anglophone, il était question que j’apprenne à parler et écrire correctement l’anglais ou que je retourne chez moi. Et la bourse me donnait seulement 45 jours pour faire cela. Alors cela a été un vrai marathon. Je me suis promis de ne pas retourner chez moi à ce moment-là donc je me suis donne corps et âme, j’ai exploité toutes les possibilités et au bout de 45 jours j’ai parlé et écris normalement l’anglais.

Y a-t-il des personnes, une communauté, des lieux de rencontre ou des groupes sur les réseaux sociaux qui t’aident dans tes études dans ce pays ? 

Dans chaque pays d’étude il y’a forcément une association des étudiants ressortissant d’un même pays. Il est d’une importance capitale d’y adhérer puisqu’étant loin de chez toi, l’association des étudiants vivant dans ce pays devient ta famille la plus proche et t’accompagne pour surmonter beaucoup des difficultés (académiques, administratives, personnelles, sociales etc.) et te faire sentir en famille. Cela te permet d’être dans un environnement qui te permet d’étudier sans trop de soucis. Il y a aussi des réseaux professionnels dans chaque domaines sur l’internet qui guident, conseillent et orientent sur les formations à suivre, qui rendent disponibles les ressources pour l’étudiant. Bref tout est disponible sur internet de nos jours il suffit de chercher.

Comment as-tu financé ce grand projet d’étude dans ce pays ?

Les bourses bien-sûr. Personnellement je ne pouvais pas financer mes propres études. Comme je l’ai mentionné, ma licence a été financée par mes parents ; c’était vraiment un sacrifice de leur part pour assurer ma formation. Après ma licence, j’ai décroché une bourse de la commission de l’union africaine ce qui m’a permis de poursuivre mes études en master au Kenya.

As-tu une anecdote à nous raconter sur ton parcours de jeune étudiant en Afrique ?

Quand je suis parti pour mes études, c’était la première fois que prenais avion. Je cherchais toujours à m’accrocher sur tout ce que je trouvais à chaque fois que l’avion prenais de latitude croyant que l’avion allait tomber, surtout que j’étais assis côté fenêtre ! J’ai eu la peur de ma vie que j’ai prié pendant tout le trajet ! Après avoir constaté que les autres passagers n’éprouvaient aucune peur, j’ai eu la honte de ma vie. Depuis lors je n’ai plus peur de prendre l’avion. 😉