les nouveaux challenges des établissements d’enseignement supérieur d’Afrique- Blog - Esseyi
Mobilité Sud-Sud et formation supérieure : les nouveaux challenges des établissements d’enseignement supérieur d’Afrique

Mobilité Sud-Sud et formation supérieure : les nouveaux challenges des établissements d’enseignement supérieur d’Afrique

Le 6/14/2021

Quitter temporairement ou définitivement son pays d’origine pour se former après le baccalauréat, tel est le choix de nombreux étudiants dans le monde et a fortiori en Afrique. Derrière les parcours individuels vers le savoir, les mobilités étudiantes rassemblent des enjeux économiques, culturels et politiques qui évoluent en fonction du contexte mondial. Qu’en est-il en Afrique ? Petit tour d’horizon des mobilités étudiantes africaines aujourd’hui.

Les étudiants africains parmi les plus mobiles au monde

Le taux de mobilité internationale des étudiants africains est bien plus élevé que la moyenne mondiale : 5,7% contre 1,7%. Pourquoi ces étudiants s’exportent-ils autant ?

Il existe une tradition de mobilité étudiante bien ancrée en Afrique, qui trouve notamment ses origines dans l’histoire de colonisation du continent. Pendant des décennies, les élites des pays africains se sont en effet formées dans les grandes capitales des pays colonisateurs : Paris, Londres, etc. Ces flux du sud au nord ont perduré et restent encore d’actualité.

Cependant, ils ne sont plus aussi homogènes et l’on assiste à aujourd’hui à une diversification des parcours d’enseignement supérieur avec notamment l’émergence de la mobilité Sud-Sud en Afrique.

Les nouvelles routes de l’enseignement supérieur africain

De plus en plus d’étudiants africains quittent les sentiers balisés de la mobilité à la faveur de leurs études supérieures. On ne peut évoquer le sujet sans mentionner la Chine et son attractivité grandissante pour les jeunes africains, créée à grand renfort de plans d’action ambitieux qui, à la manière du bloc de l’Est pendant la guerre froide, perçoit l’importance de former les décideurs de demain.

Par ailleurs, d’autres destinations du Sud font figure, depuis longtemps déjà, d’eldorado de l’enseignement supérieur : Afrique du Sud, Maroc, Tunisie.

D’autres pays encore attirent, en fonction des moyens à disposition, des situations géographiques ou des préférences familiales, les étudiants. Les flux étudiants se diversifient en Afrique. Du Togo à la Guinée, du Bénin à la Côte d’Ivoire, les itinéraires sont multiples et de plus en plus panafricains. On assiste ainsi à un essor des mobilités étudiantes intra-africaines, tendance qui devrait s’accroître dans les années à venir avec l’essor des écoles privées en Afrique, la croissance démographique et les frontières des pays occidentaux devenues plus hermétiques.  

Révéler le potentiel de formation supérieure en Afrique

Tandis que les étudiants africains choisissent de plus en plus de poursuivre leurs études au sein du continent, les universités et écoles d’enseignement supérieur se posent la question de leur attractivité. Si certains pôles universitaires ne sont plus à présenter comme les universités du Cap ou de Nairobi, beaucoup d’écoles avec plus ou moins d’historique cherchent encore à asseoir leur notoriété.

Avec le nombre croissant de jeunes africains qui s’engage dans des études post-bac, les attentes évoluent : qualité, coût de la formation, mais aussi modernité, clarté et accessibilité des informations sont leurs critères pour choisir leur orientation. L’enjeu de la visibilité des établissements d’enseignement supérieur africain est aujourd’hui devenu incontournable.

Miser sur qualité et la visibilité, voici donc les deux orientations stratégiques qui devraient permettre aux écoles africaines de briller dans le monde de l’enseignement supérieur.