Quel impact du COVID19 sur l’enseignement supérieur en Afrique ?- Blog - Esseyi
Quel impact du COVID19 sur l’enseignement supérieur en Afrique ?

Quel impact du COVID19 sur l’enseignement supérieur en Afrique ?

Le 11/30/2020

La pandémie mondiale s’est répandue en 2020 dans toutes les régions du monde et s’est installée sur le continent africain en impactant la vie de milliers d’étudiants, privés rapidement de leurs cours en présentiel et touchés par le stress lié au développement du virus et parfois par la maladie. Pour autant, l’Afrique est jusqu’à présent moins affectée par le Covid19 que l’Europe ou l’Amérique du Nord, ce qui a conduit à une reprise très positive des cours dans les établissements de l’enseignement supérieur, après une rentrée décalée dans plusieurs pays. L’occasion de faire le bilan de l’impact de cette crise sanitaire sur les études supérieures, plus précisément en Afrique de l’Ouest.  

Le COVID19, catalyseur d’inégalités dans les études supérieures

Cela aura certainement été une année difficile pour de nombreux pays d’Afrique de l’Ouest, touchés par la pandémie qui a ralenti les perspectives de croissance, de développement et très concrètement l’apprentissage de tous les étudiants. Le Burkina Faso ayant par exemple fermé tous les établissements scolaires dès le 16 mars 2020, plus de 117 000[1] étudiants du supérieur ont vu leurs habitudes bouleversées. Alors que l’accès aux études après le baccalauréat est déjà difficile pour beaucoup de jeunes africains, cette crise n’est pas anodine car elle a la capacité de fragiliser les parcours et donc les perspectives des étudiants. Combiné aux difficultés économiques déjà existantes, cette épidémie pourrait accroître un peu plus les inégalités en matière d’éducation.


[1] Etude sur l’impact du COVID-19 sur l’éducation par l’UNESCO

Une crise révélatrice des défis qui attendent l’enseignement supérieur africain

La pandémie a révélé le manque de préparation de nombreux établissements de l’enseignement supérieur à la numérisation du contenu éducatif. Et quand bien même les universités auraient été en mesure de faire migrer une partie ou l’ensemble de leurs cursus en ligne, certains étudiants auraient été bien en peine. En effet, en Afrique subsaharienne, 10% des étudiants ont accès à un ordinateur à la maison et 18% peuvent se connecter à internet[1]. Pour autant, l’accès à internet via mobile se développe à grande vitesse, laissant entrevoir des changements rapides et un nombre croissant de personnes avec une connexion.

C’est pourquoi l’enseignement supérieur est aujourd’hui face à un réel défi, révélé notamment par le COVID19 : réagir vite pour ne pas manquer le train de la digitalisation de la pédagogie. Avec l’accompagnement des États et des entreprises, il pourrait davantage miser sur internet, la technologie ou les médias (en ligne, mais pas exclusivement, on peut par exemple penser à la radio) pour assurer ses formations au-delà des campus. Enfin, face à des crises de grande ampleur telles que celle du COVID19, le cœur de la mission des établissements d’enseignement supérieur est plus que jamais d’actualité : éduquer la jeunesse, lui fournir les compétences adéquates et former ainsi cette force vive à développer économiquement et socialement les pays d’Afrique de l’Ouest pour qu’ils deviennent plus résiliants lorsque les temps sont durs.


[1] Note de synthèse : Les incidences de la COVID-19 en Afrique des Nations Unies

Reprise des cours dans les universités et écoles

La réouverture des établissements d’enseignement supérieur en Afrique de l’Ouest a été une excellente nouvelle pour les étudiants et les professeurs, traduisant un retour à la normale des cours et des interactions.

Les quelques mois passés ont, en outre, permis à la communauté scientifique de prendre du recul et de faire le constat suivant : l’Afrique a été et reste moins touchée par le COVID19 que l’Europe par exemple, présageant d’un retour à la normale durable pour les étudiants. Les chiffres en attestent : le continent a beau compter 17 % de la population mondiale, il ne recense que 4 % des cas de contamination[1]. Plusieurs hypothèses sont avancées pour expliquer ce phénomène, comme une population plus jeune, davantage immunisée, car régulièrement en contact avec des épidémies et mieux préparée à la crise sanitaire que le vieux continent. La prudence reste de mise, car un retour des contaminations n’est pas exclu et le virus présente encore bien des mystères. A charge des établissements désormais de tirer localement les enseignements de la crise et de mieux anticiper en investissant dans la technologie.     


[1] Article Le Monde « Peu de malades ont développé des formes graves du Covid-19 en Afrique », 18 novembre 2020